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Le blog d'Alain

Quand agriculture et biodiversité se chicanent ...

16 Octobre 2012 , Rédigé par AlainG Publié dans #Agriculture

Pauvre agriculture ! Il fallait encore récemment qu'elle se batte sur son aile droite contre l'urbanisation et maintenant il faut qu'elle résiste sur son flanc gauche à la biodiversité ... Une nouvelle mesure prise par le gouvernement français impose en effet que 4% des surfaces cultivées soient réservées à des espaces de biodiversité comme des haies ou des bandes enherbées ... Bien évidemment, la FNSEA (des céréaliers) pousse des hauts cris contre une décision pourtant logique et favorable à tous sur le long terme. Certains ne semblent pas avoir compris qu'il fallait engager un virage sérieux sur nos modes de productions agricoles, même pour faire du blé ! Les conservatismes ne sont pas toujours là où on les attend.

Enfin un effet positif du Grenelle ? A évaluer dans quelques années.

Ci-dessous l'article de la Gazette des Communes.

 

Les agriculteurs devront consacrer l'année prochaine 4% de leurs exploitations à des surfaces à intérêt écologique comme les haies, bosquets ou mares, une décision malvenue pour les agriculteurs mais qui prépare le "verdissement" de la future PAC.

A la rentrée, le gouvernement a discrètement relevé l’obligation de 3 à 4%, suscitant une levée de boucliers des agriculteurs, céréaliers en tête.

Pourtant, les bénéfices apportés par ces éléments du paysage sont nombreux: meilleur stockage de l’eau dans le sol, abri pour les auxiliaires de cultures et les pollinisateurs ou encore protection des sols contre l’érosion, énumère le groupe PAC 2013.

De plus, les auxiliaires de cultures comme les coccinelles sont « nécessaires au développement d’une agriculture consommant moins de phytosanitaires et plus résistante aux aléas naturels », souligne ce groupe, qui fédère 25 organisations agro-environnementales dont WWF et la Confédération paysanne.

Raison pour laquelle, en 2010, le gouvernement a voulu sanctuariser ces espaces en obligeant les exploitants à y consacrer 1% de leurs champs dans un premier temps, puis 3% en 2011.

Décision déconnectée - Mais pour la FNSEA, principal syndicat agricole, cette décision est « strictement administrative » et « totalement déconnectée (…) des contraintes de gestion des exploitations ».

L’entretien des haies par exemple est chronophage et coûteux.

De plus, au moment où se négocie la réforme de la Politique agricole commune (PAC) à Bruxelles, c’est « un très mauvais signal donné par la France », selon la Confédération des planteurs de betteraves (CGB).

Car « le volet verdissement (de la PAC, ndlr) se présente comme particulièrement sensible », relève de son côté Orama (céréaliers).

Des lobbies anti-verdissement - Aujourd’hui, le versement de certaines aides de Bruxelles est soumis au respect de 18 directives et règlements, en lien avec l’environnement notamment, comme la directive oiseaux et habitats (Natura 2000), le règlement encadrant l’utilisation de fertilisants azotés ou la traçabilité animale.

Pour toucher ces aides, l’agriculteur doit également respecter sept conditions agricoles et environnementales dont l’obligation d’avoir des bandes enherbées le long des cours d’eau.

Des obligations qui devraient se corser dans la future PAC, de 2014 à 2020.

 Car la Commission prévoit de verser des aides spécifiques aux agriculteurs qui s’engagent à avoir des assolements diversifiés (cultures, ndlr), à maintenir des prairies permanentes et à consacrer 7% de leur surface aux éléments à intérêt écologique, détaille Pierre-Julien Eymard, au ministère de l’Agriculture.

30% des aides directes du budget de la PAC - Ce projet de « verdissement » est important puisqu’il représenterait 30% des aides directes du budget de la PAC, selon M. Eymard, chef du bureau des soutiens directs.

En ce moment à Bruxelles, « tout le monde s’emploie à détricoter ces propositions » et « ces 4% font hurler les céréaliers qui essaient, via leurs lobbies, de faire baisser le taux de la future PAC de 7% à 5% », rapporte Samuel Féret, coordinateur du groupe PAC 2013.

Début septembre, Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, s’est prononcé en faveur des 7%.

Mais, pour les syndicalistes de la Coordination rurale, « il est regrettable que des responsables ministériels emploient leur énergie à de telles mesures démagogiques alors qu’il y a tellement de sujets à revoir » dans la future PAC, à commencer par « la sécurité de l’alimentation ».

 

16/10/2012

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