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Le blog d'Alain

La France compte plus de 50 villes-champignons

25 Mars 2011 , Rédigé par AlainG Publié dans #Urbanisme

Une information  retranscrite par les Echos sur un phénomène d'expansion urbaine qui ne semble pas pouvoir être endigué ...

 

Depuis 1975, une cinquantaine de communes enregistrent une croissance hors normes. Elles se situent généralement à la périphérie des métropoles et sont concentrées dans 22 départements, pour l'essentiel dans la partie sud du pays et en Ile-de-France.

Ecrit par
Philippe MOREAU
Chef de service
La France compte plus de 50 villes-champignons

Boomburbs » : les démographes n'ont pas trouvé d'autre nom que cette appellation d'origine américaine pour qualifier les villes dont la croissance démographique est proprement spectaculaire. Ce terme, intraduisible en français, vient de la contraction de « boom » et « burb », soit « boom » et « banlieue ». Mais sans la connotation souvent négative donnée au mot banlieue en français. Car aux Etats-Unis, ces « boomburbs » sont souvent des villes plus peuplées que les villes-centres, comptent beaucoup d'emplois et présentent une grande hétérogénéité ethnique et sociale.

Ramenée au contexte français, le phénomène concernerait 54 communes de plus de 10.000 habitants, hors opérations « ville nouvelle », selon Laurent Chalard, auteur d'une étude sur ce sujet publiée par « Population et Avenir ». Ces « boomburbs » à la française -ou villes-champignons -dont la population a plus que doublé entre 1975 et 2006 (+ 125 % contre + 16,7 % au niveau national), ont, dans certains cas, dépassé les 200 % de croissance. Leur point commun : elles sont généralement situées dans l'aire d'attraction des plus importantes métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, etc.) mais pas seulement : Clermont-Ferrand, Limoges, Tours, Orléans ou Caen connaissent aussi ce phénomène à leurs portes. Curieusement, Lille ou Strasbourg n'en comptent pas. Il faut dire que ces villes-champignons sont concentrées dans 22 départements, surtout dans les quatre régions les plus méridionales, où la démographie a été la plus dynamique. A l'inverse, on n'en trouve aucune dans les huit régions du nord et de l'est du pays, victimes les plus exposées aux effets de la crise industrielle.

Déversement résidentiel

A la différence de leurs consoeurs américaines, les « boomburbs » à la française ne sont jamais plus grosses que la ville centre de l'agglomération dont elles dépendent. Et sont avant tout résidentielles. Il est rare qu'elles soient aussi un important pôle d'emploi comme c'est le cas de Valbonne, dans la banlieue de Nice. Cette commune détient le record de croissance avec près de 10.000 habitants supplémentaires en trente ans (12.000 en 2006 contre un peu plus de 2.000 en 1975), soit + 435 % ! Commune intégrée au technopôle Sophia-Antipolis, « sa croissance est liée à la haute technologie, suivant la logique états-unienne », fait remarquer Laurent Chalard. Dans le même département des Alpes-Maritimes, six autres villes-champignons connaissent la même logique de développement. Autour de Sophia-Antipolis, Mouans-Sartoux, Mougins et Villeneuve-Loubet et sur le littoral Mandelieu-la-Napoule, Vallauris et Saint-Laurent-du-Var, qui font office de commune de déversement résidentiel et commercial.

« Rien ne laisse penser au ralentissement du phénomène » dans les prochaines années, estime Laurent Chalard qui n'y voit qu'un frein possible : le manque d'espaces urbanisables (Villepinte en Seine-Saint-Denis) ou le changement des règles locales d'urbanisme comme à Tournefeuille (lire ci-dessous).

PHILIPPE MOREAU, Les Echos

25/03/2011

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