Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog d'Alain

Frédéric Borel récompensé par le Grand prix national d'architecture 2010

25 Mars 2011 , Rédigé par AlainG Publié dans #Architecture

LEMONDE pour Le Monde.fr | 23.03.11 | 21h58  •  Mis à jour le 24.03.11 | 09h53

   

Le Grand Prix national d'architecture 2010 a été décerné, mercredi 23 mars, à Frédéric Borel, par un jury de vingt personnalités, placé sous la présidence de Frédéric Mitterrand, ministre de la culture.

Ce prix, autrefois annuel, avait été bizarrement interrompu en 1999 alors que François Barré était directeur de l'architecture et du patrimoine, comme s'il n'y avait plus assez de maîtres d'œuvre de talent en France. Les noms proposés au jury 2010, d'où auraient émergé in fine ceux de Marc Mimram, Marc Barani, Pierre Louis Falocci, l'agence Jacob et Mac Farlane, et le tandem Ibos et Vitar, montrent pourtant qu'on est loin de l'épuisement. En 2004, devenu bisannuel, le prix était allé à Patrick Berger, puis à Rudy Ricciotti (2006) et à Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal (2008).

 

ONIRISME ET SCIENCE-FICTION

Agé de 51 ans, Frédéric Borel, né à Roanne, est l'auteur d'un nombre restreint de bâtiments, principalement à Paris, tous diversement marqués une exubérance formelle, voire expressionniste, où l'onirisme le plus pur le dispute à un dessin aux limites de la science-fiction. On rencontre l'architecte et ses rêves au 100 boulevard de Belleville, une commande courageuse de la régie immobilière de la ville de Paris (1983), qui lui a également fait construire le 30 rue Ramponneau (1986). On le retrouve 113 rue Oberkampf, un édifice complexe dessiné pour la poste et les postiers (1990), et toujours dans l'est de Paris à l'immeuble-manifeste qui fait l'angle de la rue Pelleport et de la rue des Pavillons (1993), ou, plus récemment, l'école maternelle de la rue Moskowa (2000) et l'école d'architecture de Paris Val de Seine, à l'extrémité de la ZAC Masséna, en bord de Seine, qu'il a achevée en 2007.

Tout en étant profondément attaché à la complexité de la ville (à cet égard, ses œuvres rappellent tour à tour Christian de Portzamparc et Henri Gaudin) il est à l'opposé des tendances dominantes actuellement en France, issues pour la plupart du modernisme (et du travail sur l'angle droit), d'un formalisme anglo-saxon (où la courbe domine), ou encore d'écoles espagnoles assez cavalières avec la ligne droite et très portées sur le zigzag. Sans pour autant qu'il s'interdise les incursions les plus libres dans ces vocabulaires.

En province, il a conçu notamment le centre des impôts de Brive (1999), l'université d'Agen (1998), le palais de justice de Narbonne (2005), le centre culturel du Mont-Saint-Aignan (2006). Il a souvent été lauréat de concours finalement abandonné par des maîtres d'ouvrage qui perdaient leur courage en cours d'aventure, plus souvent encore appelé sur des consultations qui n'ont pas abouti, au moins pour lui. Discret, réservé, souvent timide, il aurait pu se laisser écraser par les difficultés rencontrées. Il a au contraire manifesté une exceptionnelle persévérance qui, à elle seule, méritait amplement le prix : Frédéric Borel a d'ailleurs été ovationné par ses confrères, souvent plus réservés, lors de l'annonce du prix dans les salons de la Rue de Valois.

Frédéric Edelmann

 

25/03/2011

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article