Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog d'Alain

Eolien en mer : les 3/4 du gâteau pour EDF et Alsthom

9 Avril 2012 , Rédigé par AlainG Publié dans #Energie

L'appel à projets lancé par le gouvernement concernant l'éolien en mer a fait l'objet d'arbitrages la semaine dernière, en privilégiant les offres de EDF et Alsthom, apparemment au regard des conditions tarifaires de rachat de l'énergie produite. GDF Suez se trouve écarté pour les mêmes raisons.

Bien que nous n'ayons pas tous les éléments, il serait intéressant que les contrats de ces projets acceptés par l'état soient rendus publics afin d'en vérifier la cohérence et le sérieux. Non pas que l'on puisse mettre en cause la sincérité de EDF dans l'évaluation de ses coûts mais surtout pour se prémunir d'éventuelles surprises en cours de construction. Ne pas rééditer le gouffre financier de l'EPR par exemple ...

Il serait intéressant de savoir quel a été le poids du développement d'une industrie éolienne française dans les choix.


Voir sinon l'article ci-dessous de la Gazette des Communes :

 

Le consortium mené par EDF et Alstom a remporté 3 des 5 sites en jeu dans l'appel d'offres du gouvernement en matière d'éolien offshore, tandis qu'Iberdrola et Areva en ont obtenu un et que GDF Suez n'en a décroché aucun, a annoncé vendredi 6 avril 2012 le ministre de l'Industrie Eric Besson. Le président (PS) du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, réagit à la décision de l’Etat.

Le consortium alliant EDF, Alstom et le danois Dong Energy s’est vu attribuer les sites de Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a précisé le ministre.
Le groupe espagnol Iberdrola, qui avait choisi Areva comme fournisseur d’éoliennes, a remporté la zone de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) [lire l'interview de Jean-Yves Le Drian ci-dessous].
Enfin, le cinquième site (Le Tréport, en Seine-Maritime), pour lequel un groupement monté par GDF Suez était seul à concourir, n’a pas été attribué, a ajouté le ministre, ce qui signifie que le groupe de Gérard Mestrallet n’a décroché aucun des quatre lots pour lesquels il s’était porté candidat.

Le ministre a confirmé que le gouvernement avait décidé volontairement de confier un site à Iberdrola et Areva, alors qu’EDF/Alstom étaient les mieux-disants pour les quatre sites attribués.
Il a expliqué que le gouvernement avait fait ce choix afin de « donner sa chance » à un second consortium, afin de maximiser les retombées industrielles.

7 milliards d’investissements et 10 000 emplois - Les lots attribués génèreront « 7 milliards d’euros » d’investissements et « la création de 10 000 emplois industriels directs dans les régions Pays de la Loire, Bretagne, Basse-Normandie et Haute-Normandie », a mis en avant le ministre. Alstom a annoncé à la mi-journée la construction de quatre usines en France.

Quant au site du Tréport, il n’a pas été attribué car l’offre déposée par GDF Suez présentait un prix de l’électricité produite trop élevé, ce qui aurait entraîné « une augmentation inconsidérée des factures d’électricité », a justifié le ministre.

2e appel d’offres au second semestre - Par ailleurs, le gouvernement lancera au second semestre le deuxième appel d’offres prévu dans le cadre du Grenelle de l’environnement, qui devait initialement être mis en marche avant l’élection présidentielle, a annoncé M. Besson.
Cette deuxième tranche comprendra la zone du Tréport (Seine-Maritime), qui sera donc remise en jeu après que l’échec lors du premier appel d’offres, ainsi que le site de Noirmoutier (Vendée), a-t-il précisé.
Le président Nicolas Sarkozy s’était déjà engagé à ce que Noirmoutier soit inclus dans le 2e appel d’offres.

Au total, les quatre zones attribuées lors du 1er d’appel d’offres permettront d’atteindre une capacité de production d’électricité d’environ 2 000 mégawatts, alors que la puissance maximale des cinq zones mises en compétition était de 3 000 mégawatts.
Mais le ministre a assuré que l’objectif d’atteindre au total une capacité de 6 000 mégawatts dans l’éolien offshore serait bien atteint grâce au 2e appel d’offres.

« C’est une grande aventure industrielle qui commence en Bretagne »

« La décision est prise. Il était important qu’elle le soit pour rentrer dans une logique de mise en œuvre effective du projet. Ce n’est pas celle qui était préconisée par la CRE. Mais nous respectons ce choix de l’Etat», explique Jean-Yves Le Drian, président (PS) du conseil régional de Bretagne en reconnaissant avoir fait le forcing auprès des plus hautes autorités (Matignon et Elysée) le 5 avril pour exiger un arbitrage sur cette zone. Ces dernières heures en effet, la rumeur courait qu’elle aurait pu finalement être déclarée elle aussi infructueuse (comme celle du Tréport), alors que la CRE préconisait de retenir, comme pour les trois autres zones de l’appel d’offres, la candidature du consortium mené par EDF et Alsthom.

« J’ai effectivement menacé de rompre le Pacte électrique breton, conclu avec l’Etat et les collectivités bretonnes pour réduire la dépendance énergétique régionale, si aucun accord n’était trouvé sur la zone de Saint-Brieuc », reconnaît le président du conseil régional de Bretagne, très impliqué sur ce dossier.

« A présent, nous allons très rapidement rentrer en discussion avec le consortium. Notre souci, c’est que les retombées en termes d’emplois industriels pour la région soient significatives, et qu’on poursuive ainsi la création d’une filière ‘énergies marines’ en Bretagne », continue Jean-Yves Le Drian. Prudent, il n’avance aucun chiffre à ce stade. Le port de Brest, qui va bénéficier d’un plan d’investissement de 134 millions d’euros sur la période 2015-2020, devrait accueillir des infrastructures d’assemblage des éoliennes, et donc plusieurs centaines d’emplois à la clé. Plusieurs ports de la baie de Saint-Brieuc (on parle de Saint-Quay Portrieux, Saint-Cast ou Erquy) sont également en lice pour accueillir les équipes de maintenance du futur parc, qui devrait entrer en service à l’horizon 2018.

Mais déjà, le conseil régional prépare la prochaine phase : « Le véritable enjeu industriel, c’est la génération suivante, celle de l’éolien flottant. Une grande aventure industrielle commence en Bretagne ! » conclut Jean-Yves Le Drian.

 

09/04/2012

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article