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Le blog d'Alain

Ces moines qui bâtissent un monastère en 2011

4 Avril 2011 , Rédigé par AlainG Publié dans #Religion

Une démarche singulière à une époque où la religion catholique est plutôt en déclin. Lueur d'espoir ou chant du signe ?

La congrégation de moines et moniales de Saint-Joseph s’est lancée dans la construction d’un monastère et de son église, à quelques kilomètres de Béziers. La démarche originale est un véritable défi architectural, soutenu par de nombreux mécènes, particuliers ou entreprises.

Construire un monastère en 2011, cela paraît un peu insensé. Qui plus est, un monastère roman cistercien, l’un des styles les plus sobres et austères de l’architecture religieuse. C’est pourtant le défi que se sont lancés les moines et moniales de la congrégation de Saint-Joseph, installés à Puimisson dans l’Hérault.

La maison diocésaine qui accueille la congrégation depuis 1975 commence à être trop étroite. "Les moines et moniales y vivent au milieu des pèlerins, qui sont plus de 20.000 chaque année", explique Étienne Piquet-Gauthier, le responsable de la communication du projet, "mais ce n’est pas compatible avec leurs vœux car ils ont besoin d’être au calme". Surgit alors l’idée surprenante de bâtir un monastère et une église abbatiale, sur la colline de Mont-Rouge, à quelques kilomètres de Béziers.

2011, le retour des moines bâtisseurs


[IMG;31824;D]Le style roman cistercien s’impose comme une évidence, la congrégation de Saint-Joseph étant rattachée à l’Ordre cistercien. Sobriété et austérité seront donc les maîtres mots de la construction. Moins évident, le choix d’un architecte capable de réaliser un tel ouvrage au XXIème siècle ! Le Père Joseph-Marie Verlinde, fondateur de la congrégation, contacte alors Daniel Ferrant, un architecte DPLG qui avait réalisé la maison de retraite d’une autre congrégation à Montpellier.

S’en suit alors une longue période d’études et de recherches pour l’architecte, afin de s’imprégner du style cistercien et d’en comprendre les aspects techniques : taille des pierres, positionnement des transepts, géométrie sacrée, nombre d’or, acoustique, etc. "Cette approche très didactique conduit à effectuer une proposition de conception de bâtiment réinterprétant la géométrie des monastères imbriquant étroitement l’église et les bâtiments conventuels" explique Daniel Ferrant.
En parallèle, une large campagne de récolte de fonds est lancée dès 2010, auprès des particuliers par le biais d’un site Internet, mais également auprès des professionnels. "Tous les dons sont acceptés ! Numéraires, matériaux de construction, mais aussi mécénat de compétences" insiste Étienne Piquet-Gauthier. Plusieurs entreprises du bâtiment ont déjà répondu présent, en fournissant du matériel ou de la main d’œuvre.

Toute la congrégation y met du cœur, et participe même à la réalisation d’un "lipdub", une vidéo musicale pour promouvoir le projet... Et pour cause, il s’agit de réunir pas moins de 5,4 millions d’euros de fonds (1,7 million pour l’église, 3,7 millions pour le monastère) !

Grâce au million d’euro apporté par la congrégation, les travaux de construction de l’église abbatiale démarrent en 2010. Pour coller à l’austérité du cistercien, les matériaux - les plus naturels possible - sont traités très simplement : plafonds en plâtre, peinture à la chaux, charpentes en bois, couverture en tuile. Une entreprise spécialisée dans la taille des pierres fournit les blocs de 50 à 100 cm d’épaisseur, pesant près d’une tonne chacun.
Si le gros œuvre est réalisé par des professionnels, les moines et moniales tiennent à mettre la main à la pâte. "Ils ont installé le chauffage au sol, monté et peint des cloisons et créé le mobilier en bois" raconte Étienne Piquet-Gauthier. En hommage à Saint-Joseph, qui était charpentier. Les vitraux, encore en cours de production, ne seront pas figuratifs, "pour respecter la sobriété cistercienne" précise l’entreprise qui les réalise, mais seront tout de même très travaillés.

La simplicité visuelle de la construction cache une grande complexité à la réalisation. "L’architecte n’a pas eu beaucoup de marge de manœuvre, les contraintes techniques et spirituelles étant nombreuses" se souvient Étienne Piquet-Gauthier. "L’enjeu intellectuel est profondément intéressant et impliquant" précise tout de même Daniel Ferrant.

La construction du monastère, prévue dans la foulée de celle de l’église, attend pour l’instant la générosité des donateurs. "Nous essayons de mettre en avant l’intérêt touristique du monastère dans la région" explique Étienne Piquet-Gauthier. Tous les 1er mai, jour de la Saint-Joseph, près de 6.000 pèlerins se déplacent déjà vers la colline de Mont-Rouge. En attendant, l’église a fait sonner ses cloches pour la première fois le 30 mars.

www.batisseurdemonastere.org
04/04/2011

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